Vendredi 9 mai – Jour 55 : DROUJKA – PETRUSKI (117 km)

 

Départ émouvant vers 10h, cap à l’ Est. Quand je suis prèt à partir, Véra me demande de m’asseoir pendant de longues minutes en silence, les quatre autres personnes présentes font de même. C’est leur façon de prier pour que je sois bien protégé durant ce long voyage.  A Petruski, après une longue étape de 117 km je pique la tente, près de la route. Pas très rassuré une fois de plus mais j’essaie de me raisonner : ma tente couleur camouflage est pratiquement invisible (une probabilité de 1 pour cent d’ètre repéré) , encore 1 pour cent de probabilité que le type qui m’a repéré ait de mauvaises intentions.

Pour les matheux, ca fait 1 malchance sur 10000 qu’il m’arrive quelque chose ! Dormons en paix….

 

 

 

Samedi 10 mai – J 56 : PETRUSKI – VLADIMIR – SUSDAL (85 km)

Enfin de beaux paysages verdoyants, la route est en très bon état. Susdal fait partie de l’anneau d’or de splendides églises orthodoxes qui entourent Moscou. C’ est la ville la plus à l’Est où les intrépides touristes européens osent s’aventurer par colonnes de bus en formation serrée. Je prends une énorme averse orageuse à l’approche de Susdal. Trempé, je demande l’hospitalité à la famille Gregory qui me propose une adorable petite bicoque au fond du jardin. La soirée se passe chez le « Padre » (le curé du coin) en compagnie de son père et de sa mère bigote.

 

 

 

Dimanche 11 mai – Jour 57 : SUSDAL – NULLE PART (124 km)

 

Visite de Susdal le matin avec une impression de grand calme, enfin la Russie profonde. Les routes secondaires sont superbes et les petits villages accueillants. Je m’arrête le soir dans un bois, je suis en grande forme (malgré les cigarettes que m’offrent les russes et que je ne sais pas refuser) et je n’ai plus peur, enfin de moins en moins...

 

 

 

Lundi 12 mai – Jour 58 – NULLE PART- NULLE PART  (117 km)

 

Orage l’après-midi, c’est dangereux car la route est étroite et il y a beaucoup de camions, je perds ma bâche et ça me désole, je fais un demi-tour de 20 km en vain pour essayer de la retrouver dans le fossé. Tout est indispensable sur le vélo et je m’y attache forcément, chaque chose a un nom et la perdre c’est perdre un compagnon de voyage.  Je trouve un bon coin pour piquer la tente et je passe une très bonne nuit. J’ai l’impression que rien ne peut m’arrèter, je suis devenu une machine à rouler très efficace et je m’amuse beaucoup sur mon vélo : c’est un engin fabuleux pour admirer le paysage, souvent en écoutant des chansons sur le radio-cassette, sélectionnées par Loïc. Je suis devenu fan de Bruce Springsteen que je ne connaissais même pas au départ, tout juste « Born in the USA » ! 

 

 

 

Mardi 13 mai – Jour 59 : NULLE PART- GORKY (77 km)

 

On m’invite à manger dans un café. La route est superbe, très large avec vent favorable. J’arrive à joindre Arielle (Institut Langue Française) à 30 km de Gorky, alias Nijni Novgorod. Je trouve difficilement l’Institut, accueil très sympa du Directeur Gérard Barbaray et de Arielle qui me propose de dormir chez elle. Dîner le soir au bord de la Volga, Frédéric de Matra nous a rejoint, on est content de se retrouver entre « Frenchies » si loin de nos bases. On met au point un plan pour obtenir de nouveaux pneus avec la mère d’une assistante qui habite à Lyon et vient à Gorky via Moscou…

 

Mercredi 14 mai – Jour 60 – GORKY

 

Je laisse tout le matos chez Arielle et visite à pied Gorky sous un soleil  radieux. Le Kremlin qui domine l’ immense Volga et l’ Oka son confluent, l’église de la Nativité, le boulevard piétonnier avec ses pubs Malboro qui sont arrivées jusqu’ici. Réception à l’Institut le soir devant un gros gateau, séance photos !

 

Jeudi 15 mai – Jour 61 : GROKY – VOROTYNETS (140 km)

 

Beau temps. Belle route. Je passe les 5000 km après 60 jours de voyages, donc une moyenne journalière de plus de 80 km.

 

Vendredi 16 mai – Jour 62 : VOROTYNETS – CHEBOKSARY (120 km)

 

Orage diluvien en arrivant à Cheboksary, je descend une avenue à fond la caisse, la chaussée est recouverte d’eau et je ne vois pas un énorme nid de poule.. C’est la gamelle, la roue avant se bloque, je passe par-dessus le vélo, le contenu de la sacoche de guidon est éparpillé. La roue avant a tenu le choc, le revètement céramique de la jante est juste un peu abimé ..Ouf, bravo Magic. Je trouve difficilement la gare où 2 étudiants m’attendent, puis arrive Ania une copine de Arielle. On met les sacoches dans un taxi et en route pour son appartement où je prends une bonne douche. Pizzeria le soir avec une douzaine d’ étudiants ; on met l’ambiance, chansons françaises : tous les russes connaissent par cœur « Oh Champs Elysés » de Jo Dassin, c’est le chanteur étranger le plus connu en Russie, et de loin. On visite ensuite la ville, toujours en chantant.  

 

 

Samedi 17 mai – Jour 63 : CHEBOKSARY – ZELENODOL (120 km)

 

Temps frais (10 à 13°). Passage de la Volga sur un énorme barrage hydro-électrique, le vent est supérieur à 80 km/h, je dois pousser Magic. Je mets la tente pratiquement en vue de tout le monde dans une sorte de jardin public, on me prévient que c’est un coin mal fréquenté. Pour la première fois, je change de campement et je galère pour trouver un bois, ma demeure de prédilection...

 

 

Dimanche 18 mai – Jour 64 : ZELENODOL – KAZAN (50 km)

 

Il fait froid (environ 5°). Je me lève tard, sans doute la fatigue des km accumulés. J’arrive vers 13h à Kazan grosse ville de 400 000 habitants où habite Igor mon deuxième contact Internet. Je n’arrive pas à le joindre par téléphone. J’arrive enfin chez lui vers 16h, accueil chaleureux de Igor, sa femme Elena et leur fils Nikita ( 10 ans). Sa fille vit à Moscou avec sa première femme.

Le soir, les parents de Igor (tous deux physiciens à l’Université) et les parents d’Elena nous rejoignent pour le diner. Nous sommes tous là réunis gràce à Internet, comme quoi la technologie a aussi des bons cotés !

 

 

 

Lundi 19 mai – Jour 65 : KAZAN

 

Le matin, un journaliste vient pour photo et interview, puis visite de la ville avec Alexia une professeur d’anglais qui connaît Kazan sur le bout des doigts. J’essaie de trouver un bidon pour remplacer celui chapardé à Moscou, en vain car ici le cyclotourisme n’est pas très développé. Je transmets le soir des messages à l’école Freinet de Brest et à  Paramag.

 

 

 

Mardi 20 mai – Jour 66 : KAZAN

 

Le matin, séance de nettoyage de Magic dans une allée de la résidence, le corps d’un défunt passe à découvert sur un brancard tout près de moi, je me receuille sur son passage avant qu’il ne soit embarqué dans une voiture bâchée ! Paix à son âme.

A 15 h, rencontre avec la TV, des journaliste et des étudiants, beaucoup de questions : comment trouvez-vous la ville ? l’état des routes ? ce qui vous amuse ?  Le soir, je dine au resto avec Lilia, journaliste à la Mairie de Kazan.  

 

 

Mercredi 21 mai – Jour 67 – KAZAN – NOWHERE (92 km)

 

Je pars de chez Igor vers 8h, ses parents sont là avec un bidon Thermos … trop gros pour le porte-bidon. Nous faisons encore la minute de silence pour la protection du voyageur. Je passe au centre culturel prendre les pneus qui sont enfin arrivés : c’est des 175 Schwable City totalement inadaptés au type de route que je dois prendre, je suis furieux et je téléphone à Laurent de Torch’VTT qui en prend plein la tronche à 5 heure du matin, la commande au magasin de Cycles de Lyon est mal passée... Je fais le plein d’ argent dans une banque car la carte bleue n’a aucune valeur en Russie, « ici on n’aime pas l’argent en plastique… », je pars vers 15 h. Je dors le soir sous la tente avec les fourmis. J’ai monté le nouveau pneu à l’avant, je garde l’autre en réserve. Je laisse le Marathon abîmé et une chambre à air à Lilia, qui n’en fera pas grand chose. PGB me téléphone que l’autre colis (avec les bon pneus) sera expédié à UFA juste avant l’Oural …

 

 

Jeudi 22 mai – Jour 68 – NOWHERE – KOSTENEVO (100 km)

 

Vent de face et parfois pluie. Je m’arrête le soir dans un hôpital de campagne. Rifat, le chirurgien et Damien l’adjoint ont des mines pas catholiques. L’ hopital est dans un état déplorable, des poules picorent dans les couloirs et des vaches broutent paisiblement sous les fenètres des malades. La femme de Rifat qui semble très malheureuse prépare le diner. On boit beaucoup de vodka, je me rends vite compte aux sollicitudes de Damien qu’il est homosexuel, Rifat peut-ètre aussi...Ils me proposent un bania (sauna rustique à la russe) après le repas, je sens l’entourloupe…Le bania n’est même pas chauffé, je leur dis que la comédie est terminée et ils se rhabillent piteusement. Je ferme à clé ma chambre et je m’endors comme une masse.

 

 

Vendredi 23 mai – Jour 69 : KOSTENEVO – CHELNY (80 km)

Les deux compères partent dès 6 heures à Kazan où se déroule un important congrès de mèdecine… Je suis tellement mal fichu que je prends une gamelle au bout de 2 km. La vodka était peut-ètre frelatée ?

 

Je m’arrête dans un café et on me pique mon couteau suisse ! Arrêt encore pour faire une sieste en retrait de la route, je suis réveillé par des enfants qui m’entourent, leur car vient de s’arrèter à ma hauteur. Je leur raconte mon voyage avec la carte, la maitresse est ravie de ce cours de géographie imprévu.

J’arrive à Chelny vers 16 h et je téléphone à Lilia (pas la même) à la mairie. Une voiture me dirige jusqu’à la mairie, il y a la TV à mon arrivée, le reportage passera 2 heures plus tard aux infos régionales. Je rencontre le responsable de l’enseignement à la Mairie et une directrice d’école qui m’invite pour le lendemain. On m’installe à l’hôtel avec le vélo dans la chambre d’une des gardiennes qui le veillera toute la nuit. André, professeur de physique, me rejoint avec Lilia. Le soir, on va chez Nadejda qui m’offre le couteau de son mari, mort dans un accident de plongée. On parle de l’éducation sous le régime communiste, elle me raconte qu’elle pleurait souvent en rentrant chez elle le soir en imaginant qu’elle aurait pu naitre dans un autre pays que la Russie, les Etats unis auraient été bien sûr le comble de l’ horreur ! .

 

 

Samedi 24 mai – Jour 70 : CHELNY – POSEVO (80 km)

 

En route pour l’école dès 8h30 du matin. Tous les élèves, filles et garçons, sont en costumes tatares sagement assis dans la grande salle de l’école, ils sont au moins 200. Je ne peux m’imaginer qu’ils ne sont au courant de ma venue que depuis hier soir 19H, serions nous capables d’une telle réaction dans une école française ?:

Les questions fusent, Lilia fait la traduction :

-         pourquoi voyages-tu en vélo ?

-         Comment trouves-tu Chelny ?

-         Comment c’est la France ?

Retour à l’hôtel pour tout empaqueter … Départ vers 14h après la minute de silence. Le soir, je mets la tente au bord de la route, avec quelques branches en guise de camouflage.

 

 

Dimanche 25 mai – Jour 71 : POISEVO – DYURTYULI (100 km)

 

Je m’arrête à midi près d’un petit lac, premier bain du voyage . Je commence à filtrer l’eau. Le soir, je m’arrête très tard dans une fabrique de briques. Je partage le repas des gardiens, puis je dors très mal dans le bureau des gardiens à cause des mouches.

 

Lundi 26 mai – Jour 72 : DYURTYULI – UFA (130 km)

 

Départ à 6h car la fabrique ouvre de très bonne heure. Je m’arrête un peu plus loin pour me laver et prendre le petit déjeuner. Il pleut un peu. Bonne partie de manivelles jusqu’à UFA où j’arrive vers 16 h. Je trouve l’appartement de Youri (le premier contact Internet établi en Russie) facilement mais il n’ y a personne. Je vois un message DHL sur la porte, je lis : le colis DHL est arrivé de Moscou à 11h20. Le bureau DHL est à côté car je vois les voitures avec le Logo, ils me donnent le colis contre un signature !…Les Michelin sont des 175 (sacré Laurent) mais ils sont larges, je les monte dans la cour de l’immeuble avec 20 enfants autour de moi, on m’apporte du café …

Youri arrive vers 20h, tout surpris de me voir là avec 1 jour d’avance. Liubov sa femme et son fils Vitaly sont là aussi. On monte le tout dans l’appartement au 4ème étage.

 

 

 

Mardi 27 mai – J 73 : UFA

Je vais chez RMC, la radio locale, avec Youri. L’ après-midi, Victor, son père, me fait visiter la ville en tramway et on passe prendre le café chez son copain.

 

 

 

Mercredi 28 mai – J 74 : UFA – UFA (0 km)

 

Je nettoie le vélo le matin, lessive, sieste et courrier puis je vais acheter une canne à pêche, que je n’utiliserai jamais. On discute le soir longuement avec Youri sur son balcon en fumant des cigarettes : pour lui la Russie c’est l’ « Absurdistan ». Il gagne 1200 F par mois comme informaticien, il a essayé d’ arrondir ses fins de mois en vendant des Paint Ball mais c’est pas son truc, lui le scientifique dans l’ âme.

 

 

 

Jeudi 29 mai – Jour 75 : UFA – ASHA (100 km)

 

Victor vient pour le départ, il veut que j’aille au journal : Interview en règle et photos. Je vois que Youri est content.

La sortie de UFA est laborieuse car les indications de Youri étaient très approximatives. Une voiture s’arrête sur le bord de la route, deux types sympas me propose à manger et à boire. Quelques minutes après, je vois arriver en face un vélo lourdement chargé qui zigzague un peu à faible vitesse : Fergus, un américain de 65 ans, vivant au japon arrive de Vladivostok avec son attirail pas très catholique : tout est accroché au petit bonheur sur son vélo, bidons, bouteilles etc…il doit en perdre des choses en chemin. Il a mis des genouillères en plastique car il prend de nombreuses gamelles et ses genoux sont en piteux état, ça doit pas ètre très confortable pour pédaler ! Surprise, un troisième cycliste arrive lui aussi de l’ Est, Alexander est russe et vient de Chelyabinsk, il va à Istanbul puis à Jérusalem. Fergus, lui va à Londres et moi je vais à Brest en faisant un grand détour. C’est quand même incroyable que l’on se retrouve tous les 3 au même moment sur la Trans sibérienne.

Fergus est très fatigué, « certains soirs je n’arrive même pas à parler » me souffle-t-il. Photos, vodka et on se sépare : chacun sa route, chacun son chemin..comme dans la chanson.

Le soir, je m’arrête dans un motel, on m’offre une chambre, je discute avec des routiers grecs (sympas) qui connaissent bien la route, il va falloir voir faire gaffe entre Omsk et Novosibirsk, la route est mauvaise et il y a la mafia. Les Kamars (gros moustiques) attaquent le soir mais c’est supportable.

 

TOTAL : 5860 km pour 75 jours, moyenne 78 km par jour

 

 

 

Vendredi 30 mai – Jour 76 : ASHA – YURYZAN (110 km) (OURAL)

 

Le temps est frais et pluvieux. C’est les montagnes russes mais ça passe bien en 26 x 23. L’oural est en fait 3 chaines parallèles de montagnes pas très hautes. Sous la pluie, la chaîne se met à sauter sur les pignons arrières, c’est très désagréable surtout en côte à faible vitesse où je risque la chute par manque de vitesse.

Arrêt à midi dans un café sympa, on mange bien pour 6 frs. Le soir, je galère pour trouver une place pour la tente. J’atterris chez le vieux Bovadia, sourd comme un pot. Il écaille des petits poissons qu’il a pèchés aujourd’hui  mais je vois qu’il est très pauvre et qu’il a faim. Je lui donne le gateau de Youri et des cigarettes. Je mets le vélo dans la chambre et prends le lit de sa femme, morte probablement depuis peu. Je dors super bien, le matin à 8h, il n’a pas encore bougé, je me demande s’il n’est pas mort durant la nuit. Mais non, il se met à tousser … On partage le petit déjeuner, je fais une omelette et du café : on se donne beaucoup de poignées de main, Bovadia est heureux de ma visite, moi aussi …

 

 

 

Samedi 31 mai – Jour 77 : YURYUZAN – ZLATOUST (100 km)

 

Il fait super beau et pas de moustiques ! Je pédale en collant court, l’Oural me rappelle l’Auvergne et les entraînements de l’été dernier. En russie tout est collectif, on travaille en groupe dans les champs et les forêts. On est toujours deux dans les camions, souvent une femme profite aussi du voyage pour découvrir le pays.

Le soir, je campe dans la forêt, quel bonheur de ne plus ètre harceler par les moustiques, ils ne doivent pas aimer l’altitude..

 

 

Dimanche 1er juin – Jour 78 : ZLATOUST – CHEBARKUL (70 km)

 

Il fait super beau. J’ai envie de flemmarder, c’est Dimanche. Un groupe de jeunes m’offre un super petit déjeuner dans un café. Vers 14h, je m’arrête près d’un lac. Je discute avec 3 GAÏ (policiers) en week-end avec leurs copines. Ils gagnent 100$ / mois, c’est dur mais parfois la corruption permet d’arrondir les fins de mois.

J’en ai marre de me cacher la nuit, par provocation je campe en terrain découvert à l’entrée de la ville tout près d’un sentier très fréquenté. Des dizaines de personnes vont passer à quelques mètres de ma tente sans m’importuner. Je ne comprends pas les avertissements de la Police me disant que je risque ma vie tous les jours et que je n’arriverai pas au bout.

 

 

Lundi 2 juin – Jour 79 – CHEBARKUL – CHELYABINSK (90 km)

 

Il fait encore très beau, la route est bonne.

A 30 km de Chelyabinsk, je vois un cycliste qui vient en face, c’est Alexander Yalovets mon contact Internet qui vient à ma rencontre ! 5 minutes plus tard, on se ratait. On rentre plein pot sur Chelyabinsk en longeant le lac réservoir, les gens se baignent, c’est l’été. Alexander est prof de physique  alors que sa femme Nathalia est sous-recteur de l’Université, ils ont un très bel appartement. Alexander me propose de mettre Magic dans son garage, je refuse de m’en séparer, finalement il trouvera place sur le balcon. Alexander comprend que je ne peux prendre aucun risque, perdre Magic équivaut à la fin du voyage.

 

 

Mardi 3 juin – Jour 80 - CHELYABINSK (0 km)

 

Je vais à l’Université pour envoyer des messages Internet en france. Le patron de la physique est très sympa, son fils parle très bien anglais, on visite la ville en voiture. La fabrique de chars orgeuil de la ville sous le régime communiste est maintenant convertie en fabrique de tracteurs. Beaucoup d’usines sont sinistrées, il n’ y a plus de travail, les employés sont payés en troc et vendent toute sorte de produits sur les marchés

Vers 18h, on part en voiture à la Datcha de Vasily, on prend un bania en se fouettant généreusement avec des branches de peupliers, c’est bon pour la circulation, nous sommes rouges comme des écrevisses. On ouvre une bonne bouteille de vodka avant de diner copieusement. 

 

 

 

Mercredi 4 juin – Jour 81 : CHELYABINSK – KURGANSKAYA (90 km)

 

Retour à Chelyabinsk en voiture. Je fais des courses et me fait couper les cheveux chez une coiffeuse amie de Vasily. Sur la route du départ, je passe à l’Université pour un interview à leur TV. Alexander m’accompagne en vélo jusqu’à la sortie de la ville. Il fait toujours beau.

Le soir, je sors de la route vers un village à 1km. La famille Bodrov m’accueille. Le père Alexis est désabusé par la politique de son pays. Son fils Sacha conduit des tramways à Chelyabinsk. Je dors dans la chambre commune après un bon bania.

 

 

 

Jeudi 5 juin – Jour 82 : KURGANSKAYA – LUKOAMY ( 120 km)

 

« le trou noir », je n’ai rien noté et donc tout oublié.

 

 

Vendredi 6 juin – Jour 83 : LUKOAMY – VARGASHI (102 km)

 

Temps chaud. Belle route. Le soir, rencontre avec l’adjoint du procureur qui ne me paraît pas très net. Le chef des Gaï de la ville Alexander GOLOLOBOV, vient me chercher pour aller chez lui. Sa maison est luxueuse, il doit bien nager dans la corruption. Il me raconte qu’un polonais s’est fait tué pour son 4X4 rutilant il y a quelques mois, ils ne me tueront quand même pas pour un vélo ?

 

 

Samedi 7 juin – Jour 84 : VARGASHI – MAKUSHINO (100 km)

 

Une voiture de police m’ escorte jusqu’à la sortie du territoire. Alexander ne veut pas d’ennui chez lui, je me rends compte que je dois ètre réellement en danger et que les avertissements de la Police sont sérieux. 

Je longe un lac, des oiseaux viennent voler au-dessus de ma tète et repartent en piallant, c’est féérique. Je m’arrète prendre un bain, l’eau est très bonne.

Soirée très sympa avec Alexis Volosnikov et ses potes (bières, canettes françaises, …). Je campe dans le jardin après l’incontournable bania.

 

 

 

Dimanche 8 juin – Jour 85 : MAKUSHINO – MAMLYUTKA (KAZAGSTAN) (102 km)

 

La frontière du Kazagstan est une simple formalité. Il fait très chaud, mon thermomètre indique plus de 35°. Je campe dans une cour de ferme après avoir demandé l’autorisation à la propriétaire, je suis entouré de gamins curieux.

Je suis un peu fatigué, au physique comme au moral. C’est drôle mais j’ai une sensation particulière le dimanche, comme si le fait de pédaler aussi ce jour là me privait d’un repos mérité, en France je serais probablement pendu à mon parachute.

Un Gaî arrive et me dit que c’est dangereux de rester là, que des bandits peuvent arriver à tout moment et mettre le feu à ma tente avec un peu d’essence. Il me demande de le suivre chez lui, donc de tout démonter. J’en ai marre, marre, marre de cette insécurité ! Peut-être est-il jaloux que je ne sois pas chez lui, il a l’air de se prendre pour le sherif du secteur. Panique : 5 personnes prennent mes différentes sacoches et en route à pied pour sa maison qui est à 500 mètres environ. J’ai l’impression que je ne maîtrise plus rien et qu’ils vont partir avec mes bagages, je pousse Magic fermement , au moins lui ils ne l’auront pas ! Je suis rassuré en arrivant chez lui, sa femme respire la gentillesse. Je refuse de boire plus d’ un verre de vodka, on écoute des cassettes de musique et on passe à table. Je suis mort de fatigue, exténué par le stress de cette journée.

 

 

 

Lundi 9 juin – Jour 86 : MAMLYUTKA – POLUDINO (100 km)

 

La température a baissé d’environ 15° d’un coup car le vent est passé au Nord et ramène l’air froid. J’évite Petropavlosk, la route est très bonne et le moral revient. La pluie aussi d’ailleurs … Je suis invité le soir chez « Andréi » avec sa gueule d’acteur US, on ne se parle pas beaucoup mais on se comprend quand même.

 

 

Mardi 10 juin – Jour 87 : POLUDINO – BOEBOE (100 km)

 

Je suis fatigué, la température est basse (15°) et le vent toujours défavorable. Je téléphone à Monique.

Ca doit se ressentir que ca ne va pas très fort avec ces sacrés problèmes de sécurité.

Après 50 km, je repassage en Russie. A un café, une femme  jette carrément un type bourré par les escaliers, bonjour l’ambiance. Je vire à droite sur Boeboe, petit repas dans une famille sympa qui me dit qu’il y a un français dans le village. On va chez Alexis, il a passé ses 25 premières années en France dans le Sud-Est, puis à rejoint la Russie pour être professeur de francais. On parle de beaucoup de choses : il est un peu désabusé par ses compatriotes : les dirigeants sont toujours d’anciens communistes, les russes sont plutôt fainéants et pas économes ; il me parle des gaspillages de la période communiste (le pain dans les poubelles, l’essence utilisée pour laver les tracteurs), le manque de responsabilité.. .

Il est quand même confiant dans l’avenir de la Russie. Il vit sur son lopin de terre : 4 cochons, quelques poules et des lapins. Problème : sa femme ne veut pas que je reste passer la nuit car elle a peur de moi. Partir à 10h du soir !, je lui fait comprendre que c’est inadmissible de sa part ! Il trouve une solution chez Andrei, pauvre bougre de voisin qui clope toute la journée en regardant la télé. Je dors bien quand même malgré les cris sinistres des corbeaux et les aboiements des chiens !

Le lendemain, ça va mieux, sa femme me demande des excuses. Pour elle aussi, la peur disparaît avec le lever du soleil. Le contexte d’insécurité est très fort, des portes blindées partout, des énormes cadenas, des chiens près à vous dévorer...

 

 

 

Mercredi 11 juin – Jour 88 : BOBOE – MARIANOVKA (105 km)

 

Le rallye PARIS – PEKIN des vieilles voitures prend le même chemin ! … Beau temps. Je prends un bain dans une rivière. Le soir je suis encore invité dans une famille.

 

 

 

Jeudi 12 juin – Jour 89 : MARIANOVKA – OMSK (75 km)

 

Très beau temps. Bon petit déjeuner avec des Arméniens.

Je rencontre 2 groupes de cyclistes qui s’entraînent. Jenna, triathlète, m’accompagne sur  10 km avec son entraîneur.

Une voiture me guide jusqu’à l’Université où je trouve la toute petite chambre d’Alexandra Turquin et de sa « copine » Katia. On se balade le long du fleuve Irtish et je téléphone à Léonid, un contact internet de Omsk. Rendez vous est pris pour un peu plus tard. William look US sympa arrive, il est champion cycliste vétéran, il m’a trouvé un appartement à l’académie des sports. Je mange chez lui le soir.

 

 

Vendredi 13 juin – Jour 90 – OMSK (0 km)

 

Leonid passe me prendre avec Pavel son chauffeur. On va à l’université pour Internet et interview TV. On visite la ville en voiture, c’est fou le nombre d’usines qui ont fermé : moteur d’avions, fusées, électronique en tout genre. Bouffe (frugale) chez Leonid et bania avec piscine à l’académie des Sports.

 

 

Samedi 14 juin – Jour 91 : OMSK (0 km)

 

Matin : courses et nettoyage du vélo ; une séance de massage m’est ensuite offerte avec le masseur des nageurs. William vient me prendre vers 14H et on va au Musée avec l’ami de son fils William Junior. Repas chez lui le soir et on regarde les albums photos. Je ne vois pas bien comment William peut vivre à ce standing avec sa seule pension.

 

 

 

Dimanche 15 juin – Jour 92 : OMSK – KALACHINSKY (95 km)

 

William m’accompagne à vélo sur 30 km, il fait super beau pour rouler : 20° et pas de vent. Le soir, je m’arrête chez Vitaly, sa femme Vina et son fils Victor infirme. Les voisines parlent anglais, on discute politique … La ferme de Vitaly (2 vaches / 1 cochon / 10 poules et 1 cheval) ressemble aus fermes bretonnes il y a 40 ans et plus. Victor est surprenant d’érudition : Jospin est 1er ministre …

 

 

 

Lundi 16 juin – Jour 93 - KALACHINSKY – TATARSK (95 km)

 

La route goudronnée (asphalt dit-on ici) s’arrète à partir de Verouka, mais la terre de la piste est dure et bien sèche. Il fait chaud (35°) et c’est pas facile de trouver de l’eau. Le soir, baignade dans une carrière où je rencontre Serguei, technicien sur la route stratégique, il m’invite dans leur roulotte avec Alexandre, Nina et les autres. Le soir, bonjour les moustiques, la vodka va bon train, ils prennent deux cuites dans la soirée : la première vers 18H, la seconde vers minuit. Ils travaillent dans une énorme centrale de béton toute proche, l’objectif est de terminer la route transsibérienne de Moscou à Vladivostok mais l’argent manque et les travaux n’avancent pas (ritournelle russe…) 

 

 

 

Mardi 17 juin – Jour 94 – TATRASK – 75°22 (110 km)

 

La route en béton est superbe mais complètement isolée. Je vois au loin 2 cavaliers qui galopent parallèlement à la route, ils se rapprochent progressivement, c’esr ce qu’on appelle en aéronautique une trajectoire d’interception…Ils sont bientôt à ma hauteur mais en contrebas de la route qui est surélevée de 3 mètres environ (sûrement pour faciliter le dégagement de la neige en hiver). Je continue de pédaler, soudain ils bondissent sur la chaussée et mettent leur cheval en travers : je freine, interception réussie ! je me sens dans un western de série B, ils ont une sale tronche et ne regardent que mes sacoches : évaluation du butin…Je reste calme et souriant, le chef regarde ma montre du haut de sa monture (je suis bras nus) et tapote son poignet (ça veut dire : donne là moi !), je lui dit  : « Ah ok ! It’s 3 PM » (Ah bien ! il est 15 heures) et dans un grand éclat de rire, je pousse Magic entre les 2 chevaux. Je remonte sur mon vélo et je repars calmement en lorgnant dans mon rétroviseur : ils discutent entr’eux, tout va se jouer là, ils n’auront aucun mal à me rattraper, les chevaux trépignent et… ils font demi-tour. Ouf, je crie de joie et je tapote le guidon : « Merci Magic » ! Je suis convaincu que je m’en sors grace au vélo, ils ont sûrement compris que je viens de loin et que tout ce que j’ai m’est indispensable, on peut ètre un voleur sans ètre une crapule. En tout cas, ceci restera ma version. Je n’ai pas eu besoin de sortir la lettre en russe que j’ai sur moi pour ce type de rencontre.

Bientôt le béton s’arrète et je retrouve une piste bien damée tout à fait praticable. Il fait froid (10 à 15 ° C) et des averses. Je campe en retrait de la piste à découvert en pleine prairie car les moustiques  sont insupportables dans les bois. Cette fois, je fais une prière du soir ! Il pleut presque toute la nuit, je récupère plus d’un litre d’eau sur la bâche que j’avais disposée en cuvette !

 

 

 

Mercredi 18 juin – Jour 95 – 75°22 – KOSHURA (140 km)

 

La piste est toujours bien damée et pas trop détrempée, c’est malgré tout glissant et je change mes chaussures de vélo contre mes chaussures de marche : je ne veux pas rester coincé dans les pédales automatiques. Les chutes avec un vélo chargé sont toujours plus dangereuses car on tombe plus lourdement. Je retrouve le béton après 40 km. L’hospitalité ce soir ne marchera pas, il va falloir affronter les moustiques. Je quitte la route pour une piste toute fraîche faite pas des passages récents de camions qui vont réfaire le ballast de la ligne de chemin. Je suis assailli de moustiques, j’en mange même quelques uns car ils se mettent sur ma tartine, ils doivent ètre affamés. Heureusement mon pantalon de survètement à double épaisseur me protège les jambes. Je mets de la crème anti-moustique sur les bras et le visage. Une fois sous la tente ca va mieux, mais il faut abattre à coup de serviette les 3 ou 4 intrépides qui ont réussi à rentrer. Je veux écouter de la musique mais le radio-casette ne marche plus…Mauvaise soirée !

 

 

 

Jeudi 19 juin – Jour 96 : KOSHURA – KOKOCHINO (100 km)

 

Beau temps, vent favorable. Le revêtement sur le béton est moyen, les dalles sont irrégulières, ça fait comme le train : ta ga dac, ta ga dac ! Je trouve la ville de Kokochino au GPS, je téléphone à Vitaly à Novosibirsk et à Maman à Keryaouel :Tante Jean Louise ne va pas bien. Attroupement pour l’hébergement du soir. Finalement, Antonida m’invite et me prépare un bania dans sa petite Datcha. Le lendemain matin, petit déjeuner à la russe. Le transsibérien passe tout près en faisant vibrer le sol.

 

 

 

Vendredi 20 juin – Jour 97 : KOKOCHINO – KOCHENOVO (110 km)

 

Beau temps mais vent défavorable, moyenne 15 km/h. La route est bonne. Je fais la popote à midi car il n’ y a pas de cafés / resto sur la route. Le soir, difficile de se faire inviter, je trouve une famille sympa au 2ème essai...

 

 

 

Samedi 21 juin – Jour 98 : KOCHENOVO – NOVOSIBIRSK (80 km)

 

Beau temps, pas de vent. Je flâne car Novosibirsk est proche et j’avais prévenu Vitaly (contact Internet) que j’arrivais le soir. En fait Vitaly habite à Academgorodok à 20 km au sud de la ville, c’est la « Silicon valley » de Russie, Vitaly est un grand physicien (pas par la taille !) des Plasma. Il m’avait donné les coordonnées précises (Latitude/Longitude) de son appartement par Internet et je les avais rentrées dans le GPS. Alors que je pédale en somnolant, le GPS sonne ! je lis « Vitaly house in 5 minutes » et la flèche m’indique de tourner à 90° à gauche. Je ne vois pas de route, mais un petit chemin qui passe sous le remblai d’une voie ferrée. J’obéis au GPS et j’arrive devant plusieurs immeubles, je continue à suivre le GPS : 100 m, 50 m , je m’arrète à zéro. J’attends 1 minute et j’entends « Hello Francois ? » c’est Vitaly !

On va avec la Jiguly ( C’est la 4L russe) de Vitaly dans la datcha de Lidia et Pavel, la route pour y arriver est à peine carrossable. Bania, apéritif, diner..je commence à avoir l’habitude.

 

 

 

Dimanche 22 juin : Jour 100 : NOVOSIBIRSK (0 km)

 

Journée Internet dans le bureau de Vitaly à l’Académie des Sciences, puis visite du grand barrage hydroélectrique. Soirée avec un ami baroudeur qui est stupéfait par la légèreté et la qualité de mon matériel : tente de 1.8 kg….La technologie russe leur permet d’ètre les pionniers de l’espace et de faire les meilleurs avions de chasse du monde, mais ils n’arrivent toujours à faire des équipements de loisirs et de ménage à la hauteur, question de culture sûrement.

 

100 jours : le compteur indique 7800 km, facile de calculer la moyenne !

 

 

Lundi 23 juin – Jour 101 : NOVOSIBIRSK (0 km)

 

On va à la Maison de la Radio pour une interview. Vitaly conduit très mal en ville, on peut ètre un grand savant sans ètre un « manuel ». L’ après-midi, je nettoie le vélo et les axes de  roues avec Pavel. Le soir, réunion très intéressante avec les femmes des chercheurs de Academgorodok.

 

 

Mardi 24 juin – Jour 102 : NOVOSIBIRSK – SECRET PLANT (70 km)

 

Vitaly m’accompagne (bien) jusqu’à la sortie de la ville.

Il vient de faire demi-tour lorsque j'entends le bruit caractéristique d'un hélicoptère qui lutte avec l'altitude. Réflexe de parachutiste, je le suis des yeux et ne tarde pas à voir 4 petits points noirs en chute libre, les parachutes sont vite ouverts et un "canop" à 4 prend forme. Je rèvais de faire un saut en Russie, voilà l'occasion. Je quitte la trans-sibérienne pour me diriger vers la zone de posé des parachutistes, c'est loin! sur ma carte US au 1/2000000 je vois un aerodrome "North East N°663", une base militaire probablement ...Il n'est pas facile de rejoindre un point estimé à l'horizon par la route, car elle ne suit jamais la direction voulue et il faut donc "intégrer" les changements obligés de direction. Je demande plusieurs fois  "aerodrroom?" mais on fait semblant de ne pas connaitre, bizarre.. Je trouve finalement une longue palissade de barbelés, c'est la Base! je la longe sur au moins 2 km et tombe sur une guérite au milieu de nulle part avec un jeune soldat qui fait sa sieste. J' y vais au culot, je sort ma licence de parachutiste avec le liseré  bleu/blanc/rouge en haut à gauche, ça jette! "Moi Fransouz parachutist, competition dans aerodrom", il voit et reconnait le drapeau français sur le vélo. Il prend le téléphone, "Bon c'est cuit" me dis-je! Miracle, il entrouve une porte de barbelés qui couine de stupeur et me fait signe de rentrer sur la Base en me montrant au loin les installations!

Incroyable, je remonte à vélo une sorte de taxiway  latéral sur au moins 2 km, la piste est énorrme! 200 m de large? elle va jusqu'à l'horizon.  Bientôt j'apercois des chasseurs Sukhoy et des bombardiers lourds alignés sur les parkings, je passe tout près... ai-je le droit de regarder? Je me dirige vers un petit batiment plus coquet que les autres avec une large baie vitrée, un type me voit de l'intérieur et fait signe à ses potes, il doit leur dire "Eh les gars? regardez là dehors, une apparition.." Il sort, c'est un pilote en combinaison de vol, il me dit en regardant le drapeau  "Normandie Niemen? Bienvenue!" et m'invite à rentrer. Je suis dans le mess des pilotes d'essais d' une base russe ultra secrète. Ils sont éberlués par mon périple à vélo (surtout par l' état impeccable de Magic après 7900 km!) et m'invitent à prendre d'abord un bain dans leur piscine chauffée. 

Je peux sauter en parachute? "Da Da pas de problèmes", combien ça coute? éclat de rire général. Il est 16 h, on prévoit un saut de MI-8 vers 17h avec la SMPS locale, on sera 5 pour un petit VR  je sens qu'on va bien rigoler! On me prète une belle combinaison kaki et un "tout dans le dos" de bon aloi, ca baigne! La préparation du saut est minimale: altitude 3000 mètres, sortie en libre, étoile à cinq, on admire la taîga, séparation à 1000 mètres et chacun pour soi!

Le MI-8 est en descente puis se dirige vers le parking, kakoi? 5 minutes plus tard le verdict tombe: problème de carburant (frelaté comme la vodka?), cest fini pour aujourd'hui. " François, si tu peux rester on sautera demain?" me dit Slava, tu parles que oui! j'ai tout mon temps

 

La soirée sera mémorable, Sacha un des meilleurs pilotes russes de Sukhoy  va faire les courses et rentre les bras chargés de victuailles et de vodka. On passe des films de vols d'essai, vol supersonique à 20 mètres au-dessus de la taïga, je leur parle des derniers simulateurs de vol de chez nous, on chante et on boit car une bouteille de vodka ne se rebouche pas. Puis on passe aux cours d'aérodynamique, pour Sacha le Rafale à une charge ailaire trop importante, il ne fera pas le poids devant un Sukhoy 34. "Et le salut du Cobra? c'est pour quand en France?" me demande Slava, " Laisse nous faire voler nos avions en marche avant pour l'instant " que je lui dis, déjà bien bourré...J'ai ensuite l'honneur de partager le dortoir des pilotes d'essais, eh oui 20 lits en 2 rangs avec la photo des As de la base  à l'entrée. " Francoaas, tu es le premier étranger à venir dormir ici, tu ne le diras à personne ?"  Promis Sergueî, mais aujourd'hui il y a prescription!

Mercredi 25 juin – Jour 103 : SECRET PLANT – SILLOBALTA (90 km)

 Mauvaise nouvelle le lendemain matin: le problème d'essence est résolu mais il n'y a pas de pilote d'hélico disponible avant 16h ce soir. Je reste, comme hier j'ai tout mon temps!.

Yakos est responsable de la sécurité des Pilotes (sièges éjectables, parachutes, équipements de survie...), il me fait visiter son labo et son magasin. Une éjection en pleine Sibérie par -40° en hiver n'est pas une partie de plaisir, il me montre tout ce dont dispose le pilote: petit tente, carabine, de quoi faire du feu, émetteur radio.... A midi, les pilotes décident de m'emmener avec eux à la cantine de la base et me donnent le laissez -passer de l'un d'entre eux. Durant le repas, je sens des yeux qui me dévisagent: les agents de securité de la base. De retour au mess, Yakos me dit : " Tu as 10 minutes pour préparer tes affaires, on a la Sécurité sur le dos et ils ne sont pas contents..!". Et me voilà refaisant le taxiway en sens inverse avec une voiture devant et une voiture derrière, aucun pilote n'a eu le droit de m'accompagner. J'espère qu'il n' y aura pas de sanctions. Pas de sauts en parachute sur la Sibérie mais que c'était chouette. Comment ai-je pu rentrer dans cette base? Par la magie du voyage à vélo! pas vrai Magic?...     

Ci -contre le Sukhoy 34.

Je m’arrète le soir dans un village : acceuil dans une famille, bania, diner…comme d’hab quoi ! Ah qu’ils sont merveilleux ces russes !

           

Jeudi 26 juin – Jour 103 : SILLOBALTA – OPARENO (110 km)

 

Beau temps (20°C), vent favorable. Paysage vallonné.

Le soir, après une liaison téléphonique difficile avec Konstantin (un pote de Vitaly) à Kemerovo (le directeur de la Poste l’a fait ouvrir spécialement pour moi, car la préposée était partie faire sa lessive sans prévenir et pendant les heures d’ouverture ! Je dors dans une famille après une longue attente et un repas frugal !

 

 

 

Vendredi 27 juin – Jour 104 : OPARENO – KEMEROVO (80 km)

 

Pluie au réveil. Je fais de la mécanique jusqu’à 11h (intervertir les pneus afin de soulager le pneu arrière déjà très usé, puis j’enfile le tout Gortex).

Arrivée à Kemerovo toujours sous la pluie … Je n’arrive pas à trouver l’ adresse de Konstantin, finalement je donne Rendez-vous à son fils par téléphone au magasin Reebook qui m’offre un joli bidon bleu/blanc/rouge et une paire de chausettes. On va à l’Université, acceuil chaleureux des secrétaires de Konstantin, le vélo est remisé dans un bureau qui ferme à clef, je fait un brin de toilette et passe en costume de ville dans le local des calculateurs … Konstantin arrive enfin, il est très fatigué mais content de sa réunion avec les grands pontes à Novosibirsk, il me fait penser à Raspoutine et à mon ami norvégien Gérard Hilen. Puis on va à l’appartement de Kendall qui est un américain de  Lock Haven University, chargé des échanges avec la Russie, les deux secrétaires nous accompagnent, vodka et re vodka.

 

 

 

Samedi 28 juin – Jour 105 : KEMEROVO – POOR VILLAGE (60 km)

 

Déjeuner avec Konstantin et Kendall (vraiment l’américain typique, j’avais oublié qu’ils étaient tous pareils !) à l’Université. J’envoie un e-mail à Brest et je visite de la ville avec Olga qui parle très bien français. Kemerovo est une très belle ville construite par les prisonniers allemands, très fleurie aux immeubles bas et bien colorés. La rivière sépare la ville en deux. C’est le grand centre houiller de la Russie.

Olga et son copain Pavel m’accompagne en voiture à la sortie de la ville. Il fait beau mais un fort vent contraire : ça monte dur, ça rappelle les Vosges. Le soir, je monte la tente auprès d’un maison en construction, un petit gamin vient me tenir compagnie.

 

 

 

Dimanche 29 juin – Jour 106 : POOR VILLAGE – CHEBULA (100 km)

 

Super beau temps, beaux paysages de Taïga et bonnes côtes aussi. C’est vraiment un régal de rouler, le radio-cassette marche à nouveau (moteur d’entrainement grippé). Le soir, je galère à Chebula pour trouver l’hospitalité. Mais ma présence a été remarquée et Valentina, journaliste en chef du journal local, me propose de m’ héberger. On sympathise vraiment avec son mari Alexis et ses deux fils Fred et Vadim. Je décide de rester le lendemain pour aller avec eux dans la taïga.

 

 

 

Lundi 30 juin – Jour 107 : CHEBULA (0 km)

 

Partie de pêche et bain sympa dans la taîga. On fait la popote (patates et poisson que l’on vient de pècher) comme des trappeurs : un trou dans la terre pour le feu et trois branches en pyramide pour soutenir la grosse casserole ; Alexis a trouvé le bon filon, sa femme travaille et lui il chasse, pèche, se ballade … Il a un tète de méchant de Western mais il est super sympa.

 

 

 

Mardi 1er juillet – Jour 108 : CHEBULA – ITATSKY (110 km)

 

Pluie intermittente. Relief vallonné. Accueil le soir dans une famille de mineurs.

 

 

 

Mercredi 2 juillet – Jour 109 : ITATSKY – ACHINSK (130 km)

 

Pluie parfois. Accueil chanceux chez Anotoli et sa femme dans leur datcha en rénovation. Il m’accueille comme un extra-terrestre, mais ils savent ce dont j’ai besoin : une grande bassine d’eau pour me laver, un lit pour me reposer et pendant ce temps là ils préparent leur meilleur diner de l’année et sortent les bonnes bouteilles : vodka bien sûr et …champagne ! Nous ne pouvons échanger que quelques mots en russe mais grace aux photos, cartes que j’ai sur moi, ils sauront tout sur mon voyage, ma famille, mon métier, Brest et la Bretagne…Son fils Andrei arrive de Achinsk, il parle français mais le charme est rompu car on se saoule de mots…

 

 

 

Jeudi 3 juillet – Jour 110 : ACHINSK – 92°10 (110 km)

 

Toujours beau temps, belle route. Soirée et nuit chez Volodia dont la femme n’est pas très contente, c’est souvent comme ça car mon invitation est pour les hommes l’occasion d’ouvrir une bouteille de vodka, et en Russie une bouteille ouverte ne se referme pas. Je démarre la soirée avec de bonnes résolutions « Tchou, tchou » (juste un petit peu) en expliquant que je dois pédaler le lendemain mais je me fais avoir à tous les coups et …je pédale quand même. Je répare la béquille cassée et dort bien dans la chambre commune.

 

 

 

Vendredi 4 juillet – Jour 111 : 92°10 – KRASNOYARSK (60 km)

 

Toujours beau temps, j’arrive à Krasnoyarsk vers 13h, attroupement autour de Magic au marché. Pas facile de trouver l’appartement de Valentin, il n’y a que sa fille Anne à la maison, lui est parti avec Nicolaye son copain à ma rencontre avec une équipe de la TV. Finalement, la TV me filme au bas de l’appartement. Le soir, repas avec Anne, Valentin et sa femme Tamara qui est danseuse classique. Le soir on discute sur le balcon, Valentin me fait un cours sur l’ antropie , en fait il cherche à m’expliquer que le « bordel » russe est naturel : il faut laisser un  jardin en friche (faire des allées droites c’est contrecarrer la nature), je comprends pourquoi les russes peignent en zigzague, pourquoi les interrupteurs sont à des hauteurs variables, pourquoi il y a des trous au hasard dans la

chaussée…

 

 

 

 

Samedi 5 juillet – Jour 112 : KRASNOYARSK (0 km)

 

On va dans la datcha de Nicolaye (qui conduit comme un fou !) après être passé à l’Université pour envoyer un e-mail. On visite l’énorme barrage hydro électrique qui a chamboulé le climat da la ville : le brassage de l’eau en profondeur fait par les turbines a eu 2 conséquences :

     

- En hiver le fleuve ne gèle plus et comme l’air est souvent à –30°, il se forme un épais brouillard au-dessus de la ville, très mauvais pour les bronches…

 - En été, l’eau reste à 5° alors qu’avant elle montait à 18°, donc plus de baignades sur les rives du fleuves

 C’est cher payé pour avoir de l’électricité

 

 

Dimanche 6 juillet – Jour 113 : KRASNOYARSK (0 km)

 

Lever paresseux à 10h, puis sortie de pêche sur les berges du majestueux Ienessei. On discute encore beaucoup de la Russie sur le balcon. Le soir, je montre la vidéo que l’on a tourné dans la taîga à Chebula. Les Sibériens adorent la Sibérie, pour eux c’est le plus beau pays du monde, la pluspart n’en ont pas vu d’autres !

 

 

 

Lundi 7 juillet – Jour 114 : KRASNOYARSK - UYAR (120 km)

 

Rien noté donc rien retenu !

 

Mardi 8 juillet – Jour 115 : UYAR – BOCSHAYA URYA (110 km)

 

Beau temps, belle route. Le soir, un député de la ville trouve une maison pour me loger,  je retrouve à la cuisine la belle-sœur que j’avais vue en ville précédemment, comme quoi les informations circulent vite en Russie.

Mécanique : je change la chaîne qui a rendu l’âme et je modifie l’ordre des pignons en mettant les plus usés complètement à gauche (les initiés me comprendront ?), je monte le 26 dents en plus du 23, car ça grimpe fort par ici.

 

 

 

Mercredi 9 juillet – Jour 116 : BOCSHAYA URYA – TINSKAY (120 km)

 

Je viens de m’arrèter sur la tombe d'un équipage d'avion craché dans la forèt, on voit encore les arbres décapités.

  Soudain, le "spoutnik" de Vladimir me double dans un  bruit caractéristique : crouik, crouik, crouik... Ce vélo vaut vraiment le détour : guidon de triathlète fait maison avec 2 poignées de freins pour la forme car vu le jeu des roues ( 1 cm) les freins (à tirage central) sont très écartés pour ne pas frotter! Le cadre est peint multicouches comme les vieux bâteaux : fond doré et raccords rouges, on reconnait l'ordre des peintures ( à la russe quoi !). Pas de double plateaux, 5 vitesses derrière, Vladimir tire toujours très long, en se déhenchant et en contorsionnant le buste. D'ailleurs il me dit: "Tu pédales trop vite François" enfin c'est ce que j'ai compris. De face, on dirait un boxeur à l'attaque, ou un buffle, au choix.


 Vladimir a des problèmes aux mains, surtout à la gauche : 1 doigt manquant, 1 coupé et 1 à 90°. J'ai beaucoup de problèmes pour comprendre les chiffres qu'il me montre avec ses doigts car je ne sais pas s’il faut compté celui à 90° ou pas.
Pour porter son attirail, Vladimir n'a qu'un porte-bagage arrière pour la tente et quelques fringues. La tente est toute en longueur d'où un porte à faux énorme qui rend l’ensemble super flexible : Vladimir zigzague fortement à faible vitesse ou plutôt il marsouine, ce serait efficace dans l’eau mais ici c’est une grosse dépense d’énergie pour rien. Les côtes sont un enfer car il n'a pas de rapports courts et il ne peut pas se mettre en danseuse, les sections non asphaltées ont du être dantesques pour lui.
Habillement minimum : 1 cuissard court craignos (pas de peau de chamois ?), une chemise et un Kway pour la pluie. Côté pédales : des tennis mais pas de cale-pieds.
Au premier arrêt, Vladimir me paie le café et m'offre son couteau (imitation suisse) qui me rappelle cruellemùent la perte du mien (en fait je l'ai retrouvé plus tard au fond de ma sacoche). Le matin, grosse pluie! Il faut s'arrêter, on se partage une pomme. Vladimir me dit : "Ton vélo François, on dirait un tank!". C'est vrai qu'il n'a pas dû en voir beaucoup des comme ça en Russie! 

A 14h, restaurant et pelmeni puis ça repart. C'est pas mon rythme, je dis salut à Vladimir mais il me redépasse après un village après ètre resté planqué en attendant mon passage. On se paie une sacrée partie de manivelles! J'essaie de le larguer en danseuse en tirant très gros : il grimace mais tient bon en gueulant : "Normandie Niemen"! Ca fait 110 bornes que l'on roule. Il est 19h et l'heure pour moi de trouver une maison. Salut Vladimir !

 


Vu Vu l'état des routes rencontrées après, je me demande comment il est passé, il a du beaucoup marcher et sans doute prendre un camion sur les parties non asphaltées.

 
 

Jeudi 10 juillet – Jour 117 : TINSKAY – TAYSHET (80 km)

 

Portion de route très mauvaise non asphaltée, puis c’est la grosse douche avant d’arriver sur Tayshet où je suis invité in extremis. Le soir, on discute ferme sur la technologie russe.

J’ installe matelat et duvet dans une grange aménagée.

 

 

 

Vendredi 11 juillet – Jour 118 : TAYSHET – ALZAMAY (65 km)

 

Il est prévu d’aller ramasser des patates (Kartochka) au champ mais pas de chance la moto est en panne. Je reprends la route vers 11h, encore 20 km de piste en terre « niet asphalte » avec des côtes supérieures à 12 %. Heureusement, il fait beau. Le soir, petit hotel ( gatinitsa)  sympa à Alzamay pour changer un peu.

 

9300 / 117 = 80 km

 

 

 

Samedi 12 juillet – Jour 119 : ALZAMAY – UK (70 km)

 

Plus de 50 km de route non asphaltée, c’est parfois limite (pente supérieure à 12 %, terre assez molle), mais je passe partout sans mettre pied à terre grâce aux 26 dents. Le soir, j’atterris dans une école : le gardien m’envoie voir le Directeur qui parle français (Nicolai Danilov), il m’invite à dîner chez lui.

C’est un écologiste accro. Il m’ explique les problèmes économiques de la Russie par le faible nombre d’habitants : la région de Irkutsk fait 2 fois le Japon en superficie pour 7 Millions d’ habitants comparés à 120 Millions de japonais …

Problèmes de sécurité encore un fois : comme ses voisins ne peuvent pas vivre avec leur revenu, pour lui, ils fauchent forcément Je lui demande gentiment de mettre mon vélo dans le garage…

 

 

 

Dimanche 13 juillet – Jour 120 : UK – KUDELANSKOYE (90 km)

 

Alors que je regarde le Transsibérien qui me fait des coups de Klaxon avec le cheminot debout à l’extérieur, je ne vois un gros nid de poule: gamelle avec toute la sacoche qui vole sur la route :  pneu avant éclaté mais appareil photo indemne (Merci Pentax) .

Je passe vois Alexis Rouskov à Nizhnendinsk, il est descendeur de rivière en cayak et peintre reconnu en Russie. Un ami journaliste de Danilov vient aussi et m’invite chez lui pour manger. Il me bassine encore sur la sécurité :May be you are lucky ! (Tu dois avoir de la chance !) voilà un discours qui rassure !

 

Le soir, je campe dos à la route et face au transsibérien, pas trop rassuré car trop près de la route. Je peaufine le camouflage avec quelques branches.

 

 

 

Lundi 14 juillet – Jour 121 : KUDELANSKOYE – TULUN (90 km)

 

Marseillaise au réveil en hissant le drapeau, c’est le 14 Juillet !

Il pleut, je dois ramasser mouillé.  A un embranchement, je suis les conseils reçu la veille et je continue sur la belle route, 5 km plus loin c’est impraticable ! je dois faire demi-tour.

La vieille route est difficile car c’est très boueux et plein de nids de poule. Pourcentage de 16 % au 26 x 26 ! le vélo se remplit de gadoue et les roues se bloquent ; je le lave 2 fois.

Les villages traversés sont désolés et désolants … de la gadoue partout.

Un hibou m’observe en vol puis un Antonov 2 me survole de très près, ca me rappelle le parachutisme.

Le soir gastinitza à l’entrée de Tulun, j’essaie en vain de téléphoner en France, mais j’ai les 2 compères de Irkutsk et j’annonce mon arrivée pour le 19, donc dans 5 jours . Il me reste 500 km dont 30 non asphaltés.

 

 

 

Mardi 15 juillet – Jour 122 : TULUN – KUYTUN (75 km)

 

Encore de la mauvaise route, mais sèche cette fois. Le soir gastinitsa avec une bande de joyeux lurons venant de Irkutsk. Je téléphone à Keryaouel .

 

 

Mercredi 16 juillet – Jour 123 : KUYTUN  - TYRET (106 km)

 

Les 10 derniers km de route non asphaltée avant Irkoutsk. Tyret semble une ville désolée et la mine (je ne sais pas de quoi ?) qui devait faire vivre toute la région semble abandonnée. J’atterris dans un magasin ou on s’empresse de me nourrir puis c’est la gastinitsa « Svettia ».

 

 

 

Jeudi 17 juillet – Jour 124 : TYRET - CHEREMKOVO (106 km)

 

Départ de bonne heure en crevaison au bout de 2 km, je mets le pneu de rechange à l’avant. Méchant vent de face, arrêt vers 14h au bord d’un lac pour manger et baignade. Je fais 20 km de trop autour de Cherenkovo ou je passe la nuit à la gastinitsa. C’est ok pour 17h, samedi avec Alexis à l’entrée de Irkutsk. Un journaliste parlant anglais passe …

 

 

 

Vendredi 18 juillet – Jour 125 : CHEREMKOVO  - USOLYET (70 km)

 

A 10h, TV et journalistes arrivent (toujours les mêmes questions). Je reçois fanions et brochures sur la ville. Je pars à 11h sous la pluie qui ne cessera pas avant Usolyet. Comme prévu, le même journaliste et la TV locale passe me voir à la gastinitsa le soir, RdV est pris pour le lendemain matin pour me prendre en vélo pour la TV.

 

 

 

Samedi 19 juillet – Jour 126 : USOLYET – IRKUTSK (90 km)

 

Tout est fermé pour le petit déjeuner et j’ai faim, je pique une colère quand Victor le journaliste arrive. Je lui dis « NO FOOD, NO TV », pas de Télé si je ne mange pas avant !

Il m’envoie dans un restau où on me met un super couvert dans la salle d’honneur : je bouffe pelmemis, goulash, vodka, etc.. je laisse l’addition à Victor. On fait les photos + TV et je me casse.

Il fait beau, je suis en avance, je prends un bain. Alexis et un pote m’attendent en VTT à l’ entrée d’Irkutsk et évidemment c’est à fond que l’on rejoint son appartement. Il veut me montrer sa classe en vélo mais moi je trimballe 45 kg, je serre les dents, il n’arrivera pas à me lacher.

Dîner sympa avec Irina sa femme et Gorcha le petit gamin de 9 mois. Un pote alpiniste passe  nous voir dans la soirée.

 

 

 

Dimanche 20 juillet – Jour 127 : IRKUTSK (0 km)

 

Je vais avec Alexis à l’Université où j’envoie un e-mail à Loîc pour le World Tour Connexion puis je déménage dans son nouvel appartement encore inhabité avec vélo et bagages. Peu après, il me fait une scène car il pense que je serai mieux chez ses parents, je lui dis que c’est bon. Ca à l’air d’être vraiment un indécis.

Monique et Loïc arrivent vers 23h après un bon voyage avec un service à la russe dans l’avion Moscou – Irkutsk. Il s sont satisfaits du « confort » de l’appartement, on mange assis par terre dans la cuisine.

 

 

 

Lundi 21 – Jour 128 / Mardi 22 – Jour 129 / Mercredi 23 juillet – Jour 130 : IRKUTSK (0 km)

 

Le lundi, je fais de la mécanique (plateau/chaîne/pignons/axe avant) avec Loïc. C’est fait en quelques heures. La roue arrière est donnée au VTT shop pour être dévoilée, Alexis prend l’axe de la potence et la béquille pour un pote qui travaille à l’usine aéronautique.

Le mardi matin, nous sommes réveillés par des tirs de mitraillettes : le bâtiment d’en face est encerclé par la police en gilet pareballes, on regarde l’assaut pas la fenètre. Une vieille dame s’avance avec ses commissions au milieu de la fusillade, elle doit ètre sourde… Soudain une grosse explosion et puis plus rien, nous apprendrons à la TV le soir que c’était un repaire de gangsters et qu’ils ont été volatilisés à la grenade.

On visite la ville à pied et on commence à connaître les Ulitsa Bolsheskage, Karl Marx, etc. On visite le musée à côté de l’obélisque et la maison des Décembristes (pas moi) et les marchés. On cherche en vain les belles maisons coquettes aux peinture multicolores.

Alexis passe au moins 1 fois/jour avec sa mine de chien battu et les nouvelles ne sont pas souvent bonnes ! Son plan pour le Lac Baïkal semble foireux, on va chercher par nous même en téléphonant à Baïkal Complex  qui nous propose une excursion sur 3 jours.

 

 

Jeudi 24 juillet – Jour 131 – BAÏKAL – LYSTVYANKA (0 km) – (BAÏKAL)

 

On part en bus vers 9h à partir de l’hôtel « INTOURIST » avec Natacha de Baïkal Complex, deux jeunes allemands et le chauffeur du Toyota. Le paysage est vallonné, nous suivons la route de Michel Strogoff. Un musé de plein air dans la forèt montre les anciennes habitations puis nous sommes déposés chez Luba et Vladimir, 3km avant Lystvyanka. On monte en haut d’un point de vue pour voir le lac et on se régale le soir avec un délicieux poisson.

 

 

 

Vendredi 25 juillet – Jour 132 – NORTH VILLAGE (0 km) - (BAÏKAL)

 

Vladimir avec son air fatigué et sa petit Jiguli nous conduit au port où on prend le Racketta ( hydroplaneur rapide) pour le village.

Le père de Slava nous conduit à la maison de son fils où nous serons hébergés.

 

 

 

Samedi 26 juillet – Jour 133 – VILLAGE BAÏKAL - (BAÏKAL)

 

Nous faisons un tour en bateau de 2h avec Slava jusqu’à la mine d’or sur les rivages du Baïcal. Nous voyons des campeurs sur les berges, il fait très beau, malheureusement l’eau reste à 5° et il faut ètre très courageux pour se baigner...

 

 

 

Dimanche 27 juillet – Jour 134 : Retour IRKUTSK avec journée à LYSTVYANKA – BAÏKAL)

 

Nous reprenons le Racketta le matin vers 10h et nous nous arrêtons à Lystvyanka pour visiter l’observatoire solaire d’où il y a une très belle vue sur le lac, puis pique-nique sur la plage. On remonte ensuite l’Angara dans un catamaran bondé. Loïc et Monique discutent avec un allemand qui travaille chez Renault.

 

 

 

Lundi 28 – Jour 135 / Mardi 29 juillet – Jour 136 : IRKUTSK (0 km)

 

Ballade en ville, cartes postales, visites d’Alex, préparation départ.

La réparation de la béquille n’est pas concluante et je réduis le jeu de la potence en conservant l’ancienne.

 

 

 

Mercredi 30 juillet – Jour 137 : IRKUTSK – STYDYANKA (120 km)

 

Alexis a réussi à avoir un RdV avec la TV à l’Obélisque. Loïc et Monique sont dans la voiture, Irina et son fils sont là aussi. Ce sont les adieux, nous nous reverrons à Brest dans 7 mois si tout va bien. 

Je pars vers midi, c’est très vallonné et même parfois limite avec le 26. Je rencontre  Serguei avec des Mongols dans un resto, il me donne RdV à Stydyanka vers 18h30/19h. La pluie ne s’arrète pas, la distance est plus longue que prévue, ça grimpe dur, je suis fatigué et pense m’arrêter avec Stydyanka … J’y arrive à 20h30 mais Serguei est à l’entrée de la ville en voiture ! Il m’invite chez lui, je suis trempé et fourbu … On mange bien et on chante quelques chansons françaises avec Serguei à la guitare.

 

 

 

Jeudi 31 juillet – Jour 138 : STYDYANKA – BAIKAISK (30 km)

 

Après une visite de la ville (où il n’y a rien à voir) dans la voiture de Serguei, je pars vers 11h. Vers 14H, je sors de la route pour rejoindre une station balnéaire et je rencontre Alec et sa bande. Alec a la tète et le comportement du parfait mafieu, il semble faire la loi dans cette station ! Baignade, j’ai la flemme de repartir, il me propose un lit. Je ne suis pas très rassuré pour mon vélo qui est rangé dans le hangar des pêcheurs, Alec me dit qu’il n’ y a aucun risque… .

 

 

 

Vendredi 1er août – Jour 139 : BAÏKAISK – TANKHOY (86 km)

 

Ouf, mon vélo est toujours là ! Je pars vers 10h, la route est très vallonnée au début et longe le lac puis c’est plus plat mais on ne voit plus le lac. Je fais des photos avec l’appareil numérique fourni par la Ville de Brest. Le soir gastinitsa.

 

 

Samedi 2 août – Jour 140 : TANKHOY – « BALNE » (98 km)

 

Beau temps, mais vent modéré défavorable. C’est encore assez accidenté. Arrêt à 14h à Babuskin où je suis entouré par des jeunes alors que je mange sur une jetée, guitare, vodka …tout se passe bien.

Le soir, je bifurque vers une station balnéaire où je vais à l’hôtel, il va falloir me réhabituer à la tente après cette période un peu trop cool. Impossible de joindre le contact à Ulan Unde.

 

 

 

Dimanche 3 août – Jour 141 : « BALNE » - TATOUROVO (80 km)

 

Beau temps, décor plus plat à l’embouchure de la Selenga. C’est la période de la moisson. Je m’arrête à un étang pour manger et j’y laisse ma boite à oeufs.

Le soir, je campe au bord de la Selenga, les vaches m’entourent paisiblement le matin.

 

 

 

Lundi 4 août – Jour 142 : TATOUROVO – ULAN UDE (100 km)

 

Ca grimpe pour passer le Khamar Duban, je croise une équipe de théâtre italienne très folklorique dans un vieux bus bleu bariolé, ils parcourent le monde de représentations en représentations! Il n’ y a personne à l’adresse indiquée à Ulan Unde, au 6 Debraloubova Ulitsa. Je quitte la ville décu, un gars sympa me propose d’aller chez lui, 60 km plus loin, dans sa voiture. Je refuse car je fais un Tour du Monde à vélo, je camperais près d’une rivière.

 

 

 

 

Mardi 5 août – Jour 143 : ULAN UDE – NOVOSELENGINSK (120 km)

 

Beau temps, beaux paysages vallonnés, on m’invite dans un café pour midi. Le gars d’hier me recroise, il sera chez lui à 20h, c’est trop tard pour moi, tchao. J’arrive dans cette ville minable sur le bord d’un lac vers 17h. J’essaie de téléphoner à Ulan Baatar : rien (ni Contard, ni Nichimeksaikan ne répondent), je téléphone à Brest : rien non plus mais je pense entendre la voie d’Erwan, ça coupe et on ne veut pas me redonner la ligne. Déjà une nuée de gamins entourent mon vélo, une dame me dit que ce n’est pas prudent et que je dois le surveiller.

Je vais au marché et déambule entre les étalages à cheval sur mon vélo, des gamins m’entourent encore avec des mains baladeuses.

Je m’apprête à partir quand 4 gars de 20-22 ans, un peu ivres, m’accostent : ça craint. Deux mangent une pomme : je réalise qu’ elles viennent de mon sac ! J’en arrête un au moment où il prend mon guide de Mongolie : je gueule et pars en trombe. Deux filles de 12/13 ans arrivent en courant avec mon portefeuille ! évidemment, plus d’argent (350 000 roubles de perdus). Des femmes veulent appeler la milice, les hommes eux sont impassibles et m’auraient laisser me faire dévaliser sans réagir. Comme je ne suis pas en règle au niveau visa, je préfère partir …

C’est de ma faute, je n’aurais jamais dû m’exhiber dans ce marché le soir. Sur la route, 2 types en voiture m’interceptent puis font demi-tour : pourquoi ?, vont-ils en prévenir d’autres ? Je trouve un endroit pas terrible pour camper en contrebas de la route, c’est plein de moustiques, je cherche le produit anti-moustique : piqué aussi ! Je prépare la bouffe et il se met à pleuvoir très fort. Un type passe à moto devant ma tente et s’arrète pour me dévisager sans dire un mot ! c’est vraiment la journée pourrie!

Je me sens profondément blessé moralement car mon objectif était de montrer que l’on pouvait traverser la Russie sans encombres. Je viens de faire 7000 km à vélo dans ce pays et je me fais agresser 100 km avant de passer la frontière mongole ! Je sais que la police russe me dirait : « Te plains pas, tu as été très chanceux ! »       

 

 

 

Mercredi 6 août – Jour 144 : NOVOSELENGISK – KYAKHTA (100 km)

 

Il pleut fort toute la nuit et ça repart après le petit déjeuner, mais je pars quand mème.

Brume et plafond bas, je n’ai plus de roubles et rien à manger non plus: dans un village, on me donne des cakes et de l’eau. Le soleil revient, je fais tout sécher en déballant le contenu des sacoches. Kyakhta est une ville de garnison après avoir été une riche ville marchande (2 splendides cathédrales construites par les marchands pour se faire pardonner leurs turpitudes!). A la frontière, je donne mon visa et attend sous la pluie. On me dit qu’il faut ètre russe ou Mongole pour passer la frontière ici. Pour les autres c’est à Nauski à 40 km ! Ca sera donc pour demain, je trouve une gatinitsa dans la ville car il pleut très fort, j’ai pu changer 10$  ( 50000 roubles) et avoir un peu d’essnce pour mon réchaud.

 

 

Jeudi 7 août – Jour 145 : KYAKHTA – NAUSKI ( 40 km)

 

Je fais quelques courses et pars vers l’Ouest. C’est très accidenté, mais beaux paysages et il fait beau, ça redonne le moral. A Nauski, je demande où est la frontière : je prends un petit chemin sablonneux ! … je ne tarde pas à m’enliser, je pousse le vélo et je tombe sur un groupe de jeunes soldats russes qui font une sieste sur un char de combat ? Ils me disent qu’il faut passer  la frontière à Kyakhta !  Nooonn, j’en viens ! !

Ils m’accompagnent à leur garnison en chantant des chansons francaises, j’attends 1h pour me faire dire qu’il faut prendre le train car il n’ y a pas de route. A la gare je trouve 3 tchèques sympas parlant anglais : on met le vélo sur le quai de la gare et j’achète un billet pour Subhaatar à 20 km. Ca baigne … jusqu’au contrôle du passeport : le douanier voit que la date est dépassée (de 3 semaines), je dois retourner à Ulan-Unde à 230 km pour régulariser ma situation. Je trouve un endroit sûr pour Magic au sous-sol de la gare.

 

 

 

Vendredi 8 août – Jour 146 : ULAN –UDE – NAUSKI - SUBHAATAR

 

Avec Davadorch, officier mongol (malin), on prend le train à 2h du matin, il arrivera à 8h30 à Ulan-Unde à 200 km ! A l’ OVIR (Organisme d’immigration russe), je fais une lettre pour expliquer mon cas et paie 2 amendes : 80 F pour visa expiré et 40 F pour itinéraire non conforme car je devais aller seulement à St-Petersburg. Je m’en tire bien ! Retour dare-dare avec des trafiquants sur Nauski juste à temps pour prendre le train après encore quelques frayeurs au contrôle des passeports car c’est une nouvelle proposée.

Le train met plus d’une heure à faire les 20 km mais le décor est très beau, petite vallée encaissées, rivières. Le poste de frontière Mongol semble d’un autre âge : baraques en bois, petits soldats jaunes courant toujours … (Dur de s’imaginer les conquêtes de Genghis kan). A la gare, j’attends encore 1 heure l’autorisation de descendre : puis je suis entouré de gamins aux mains baladeuses sur le trajet de l’hôtel, ils me fauchent la bouteille de jus de fruits, la canne à pêche a eu de la chance de rester en place : me voilà prévenu ! …

 

 

 

Samedi 9 août – Jour 147 : SUBHAATAR – DARAHN (104 km)

 

Temps superbe et beaux paysages de prairies avec des collines élevées parsemées de Gers. J’ai l’impression d’ètre dans un autre monde, jamais une frontière ne m’a fait donné cette impression de rupture totale. La route est bonne, étroite mais avec un revètement correct et assez roulant. Par contre pas de signalisation d’où l’intérêt du GPS qui me permet de me reporter sur la carte. Arrêt à 13h dans un café / restau : j’apprécie le goulasch (riz + viande). Je téléphone à Contard sans succès, à Chimecksan qui doit ètre  à Ulaan  Baatar dans 6 jours et à Brest où je n’ obtiens que le répondeur. Je trouve à Darhan un hotel luxueux pour le prix mais il va falloir reprendre la tente.

 

 

 

Dimanche 10 août – Jour 148 : DARHAN -    XXX    (100 km)

 

Beau temps chaud et route agréable mais ça grimpe. Je m’arrête pour manger au sommet d’un col et le soir, près d’un Ger où tout le monde rapplique !  Les gers ressemblent à de gros champignons blancs sur un immense terrain de golf, la population est vraiment disséminées.

Le confort des Gers est très rudimentaire, pas d’électricité, pas d’eau, les lits sont disposés en rond autour et un poêle au centre avec un tuyau de cheminée assure le chauffage. Il y a une taille standard mais certains sont plus petits. Batar et son fils Kanac me tiennent compagnie le soir puis toute la famille vient pour la photo souvenir.

Durant la nuit, je suis réveillé par le reniflement d’une vache à moins d’un mètre de la tente, elle lèche la bâche pour avoir un peu d’eau de la rosée, j’ai peu qu’elle ne mette un pied dans les rayons de Magic couché dessous ! Je ne bouge pas. Tchou – tchou … bruit bizarre comme celui d’unr éolienne par grand vent, je verrai au matin que c’est le battement d’aile d’un aigle qui survole la tente à basse altitude.

 

 

 

Lundi 11 août – Jour 149 : XXX – XXX (50 km)

 

Très fort vent de sud (contraire donc) et c’est toujours aussi accidenté. Moyenne : 10km/h. On m’invite à manger dans un café, c’est très bon. Je rencontre mon premier chameau et  le car de la compagnie de théâtre italienne de Rumini qui rentre (enchantée) de Ulan Bator.

2 aigles font un combat aérien  rapproché puis s’attrapent en gorille et font une chute libre  jusqu’à 5 m du sol, époustouflant !

Je commence à me renseigner sur le meilleur itinéraire Ulaan-Baatar – Erenhot : comme d’habitude, les avis sont très variés... Le soir, je m’arrête avant l’orage près d’un café où je mets la tente. Un petit gamin vient me voir et je lui offre la canne à pèche qui ne me sert à rein ici, d’ailleurs avant non plus !! Je lui montre comment faire un lancer en ayant eu soin d’enlever l’ hameçon !

Je bois beaucoup de lait dans le café.

 

 

 

 

 

 

 

Mardi 12 août – Jour 150 : XXX- ULAN BATOR (90 km)

Temps toujours beau, mais le vent a disparu. Un Mongol me donne à midi un numéro de téléphone à Ulan Bator. J’arrive à U. B. vers 16 heures et je téléphone à Nassan et on se donne RdV devant la poste centrale.

J’y trouve aussi Dominique Lejeune, cyclotouriste, avec sa femme et 2 marcheurs sympas. Finalement, je suis hébergé chez un particulier à 5$ la nuit à 2km du centre ville.

Intoxication alimentaire : je passe une très mauvaise nuit avec diarrhée et mal de ventre, c’est sûrement le lait bu en trop grande quantité il y a deux jours.

 

 

 

Mercredi 13 août – Jour 151 : ULAN BATOR (0 km)

 

Je vais le matin à l’ambassade de Chine pour obtenir mon visa : 45$ pour une durée de 2 mois, je l’aurai sous 2 jours ! Je suis super content. Après-midi : repos.

 

 

 

Jeudi 14 août – Jour 152 : ULAAN BAATAR (0 km)

 

RdV à midi au café de la Poste avec Dominique et un cycliste Belge. On va ensuite au Cybercafé où je transmets un e-mail et 2 photos numériques à Brest. C’est ça le reportage en direct !un click de souris et les photos sont déjà en Bretagne, on n’arrètera pas le progrès !

 

 

 

Vendredi 15 août – Jour 153 : ULAAN BAATAR (0 km)

Je passe prendre mon passeport à l’ambassade de Chine et je vais visiter le temple de Gandan avec son immense statue de Bouddha et beaucoup de touristes. Les moines reviennent en force après avoir été exterminés sous l’ère stalinienne.  L’après-midi, j’envoie des cartes postales et je téléphone à Maman à à Keryaouel. Je me fais la bouffe le soir dans la cuisine de mes hotes qui sont partis voir des amis : je fais des pâtes sur une cuisinière à gaz en cuisant par mégarde le rôti de la maison, le four s’étant mis en marche aussi ! Le chien de la maison (un énorme Doberman) ne me quitte pas des yeux et montre ses crocs dès que je veux quitter mon périmètre alloué (ma chambre + la cuisine), c’est foutu pour la TV dans le salon !

PS : J’oublie complètement que j’ai 51 ans aujourd’hui, c’est vrai qu’elle importance ?

 

 

Samedi 16 août – Jour 154 : ULAN BATOR – HANGA (86 km)

 

Je trouve la sortie de la ville facilement, la route est bétonnée jusqu’à Nalayh. La piste est ensuite très caillouteuse et le vent (favorable) souffle très fort. Je suis dans le désert de Gobi !  Il y a en fait des pistes multiples à travers le désert, heureusement la voie ferrée du Trans-mongolien  est proche et je fais des points fréquents au GPS. Je campe le soir dans l’enceinte d’un Ger  près de la petite gare de Hanga.

 

 

 

Dimanche 17 août – Jour 155 : HANGA – STATION « 14 » (90 km) – (GOBI)

 

C’est maintenant plat à perte de vue, la Mongolie comme dans les films !. La piste est bonne et le vent toujours favorable, il fait chaud car je roule à la vitesse du vent , le vent relatif est donc. Je dois m’arrèter fréquemment et faire demi-tour pour avoir un peu de vent relatif (je comprends le problème de refroidissement des camions dans ces conditions). Autre inconvénient du vent arrière : on reste dans sa poussière, réfléchissez un peu et vous allez comprendre. Un car de Mongols me croise puis fait demi-tour pour me rattraper : séance photo interminable.

Le soir, je continue après la Station 14 puis je fais demi-tour, heureusement car il n’a avait rien avant 24 km. Accueil sympa dans l’enclos de la station, on m’offre le thé et une chambre ! Le soir, discussions (beaucoup de gestes et quelques mots en russe) avec le patron, le guide Lonely Planet est un bon support de communication. Le ventre, c’est pas encore ça, je refuse la bouffe mongole.

 

 

 

Lundi 18 août – Jour 156 : STATION « 14 » - CHOYA (24 km) – (GOBI)

 

Pas de vent ! C’est plus rafraîchissant de rouler dans ces conditions qu’avec du vent favorable car la vitesse du vélo procure un peu d’air. La piste suit le chemin de fer à moins de 500 m. Par moment, c’est sablonneux, il faut rester sur la terre marron et éviter l’accumulation de sable dans les traces, j’évite de justesse plusieurs gamelles et je déclenche souvent les pédales automatiques car même une chute à petite vitesse peut être grave vu le poids du vélo et je devrais peut-ètre attendre 2 jours pour avoir du secours. Je crains qu’il y ait de plus en plus de sable vers le Sud. Je roule au milieu des sauterelles qui jonchent le sol et s’envolent à mon passage. Le vent (toujours favorable) se lève progressivement dans l’après-midi et donc l’impression de chaleur aussi.

L’herbe est plus clairsemée mais il y a toujours des flaques d’eau éparses, il a dû beaucoup pleuvoir récemment. Je klaxonne et donne un petit bonjour aux animaux rencontrés. J’ interprète leur regard :

-  Les chevaux prennent un air indifférent : « tant qu’il est sur son vélo, je ne l’ai pas sur le dos ! »

      - Les vaches sont très intéressées : « Tiens, il est sur le 36 x 18, il tire un peu long ! »
      - Les chameaux sont  très hautains : « Mais qu’est ce qu’il fout là ce con ! »

 

Je traverse la voie ferrée en portant mon vélo avec l’aide d’ un Mongol pour entrer à Choyr. L’hôtel est fermé mais des gamins font vite rappliquer la tenancière : je prends une chambre à 6$ pour moi et le vélo. Nous sommes 2 clients dans ce coin perdu : moi et un gros chinois.

 

 

 

Mardi 19 août – Jour 157 : CHOYA – DLJG (72 km) – (GOBI)

 

Vent faible plutôt de face, température supérieure à 40° au soleil (Il n’y a pas d’ombre !). Le relief est très plat, je croise deux camions et une jeep sur toute la journée. La piste est  caillouteuse, je crains la chute et je mets mes chaussures de marche par précaution, mais c’est pas efficace pour pédaler.

Le soir, arrêt dans un  petit village, je me mets dans un enclos et je suis entouré par une nuée de gamins qui restent autour de moi jusqu’au soir. L’eau est un peu boueuse et de plus en plus salée, mes maux d’estomac sont toujours là …Je me sens sale (pas d’eau pour me laver) et fatigué.

 

 

 

Mercredi 20 août – Jour 158 : DLJG – « 796 » (82 km) – (GOBI)

 

Je m’arrète après 7h de selle et seulement 75 km (11km/h), je n’ai plus d’eau. La piste est souvent ondulée (les fameuses ondulations du désert crées par le vent) et c’est usant,  j’ai mal au cul à force d’être secoué. Heureusement que j’ai un amortisseur de selle et de guidon ! Il y a à nouveau des collines. Je vais à « l’hosto » à DLJG suivi par 5 à 6 gamins qui participent aussi à la consultation (rapide) : le docteur me dit de prendre 5 pillules « antibactériennes » par jour durant 3 jours, il m’en donne 16 dans un cornet de vieux journal, j’en ai donc une de rab, merci docteur !

2 heures après, ça va déjà mieux et je mange de bon appétit. Aucun trafic sur la route mais beaucoup d’avions de ligne en l’air ( les grandes lignes vers Pékin et le Japon probablement). Je joue le passager bien au frais la-haut à 11000 mètres, « Monsieur prendrait-il encore un peu de champagne ? » « Non, merci, avez-vous un bière, bien fraîche ? ». Un avion de transport militaire « Hercules » passe aussi vers 5000 mètres d’altitude, je crie « Sur axe ! », ça me rappelle les boogies de Vichy.

 

 

Jeudi 21 août – Jour 159 : « 796 – SAYNSHAND (83 km) – (GOBI)

 

Encore 7 heures de selle pour seulement 83 km ! Piste toujours ondulée et fort vent de face sur les 30 derniers kilomètres, ça devient beaucoup plus désertique, beaucoup de squelettes d’animaux probablement égarés et morts de soif. C’est vallonné aux abords de Saynshand. Je peux heureusement refaire le plein d’eau à mi-parcours, la crème Yves Rocher (trouvée par miracle à Ulan Bator) m’évite de m’assécher les lèvres qui sont bien crevassées. Le ciel est un peu voilé, il y a même quelques gouttes de pluie. Je trouve un petit hotel à Saynshand pour 17 Frs la chambre, je fais une petite lessive et je me ravitaille.

 

Vendredi 22 août – Jour 160 : SAYNSHAND – GOBI (77 km) – (GOBI)

 

Un motard me montre la route à la sortie de la ville. Je rencontre sur le marché un couple de français en super 4x4 Toyota de 3.6 Tonnes, ils ont apporté toute la nourriture de France ! Ils me racontent une grosse chaleur au passage d’une rivière, puis la femme ferme la porte du Toyota en laissant les clefs à l’intérieur, voilà de vrais aventuriers !Je me casse…

Je continue à longer la voie ferrée sur la droite, au bout de 2 heures je sens que le soleil n’est pas à sa position normale : je ne dois pas l’avoir dans le dos à midi ! Je regarde mon compas : je fais route plein nord au lieu d’aller vers le Sud Est, je fais un point GPS et reporte ma position sur la carte : en fait je suivais une nouvelle voie ferrée au lieu de longer le transmongolien vers Pékin ! Une jeep m’indique que j’ai raté Orgon qui est à 20 km , je décide de continuer sans même prendre l’eau qu’ils m’offrent. Ma réserve d’eau s’épuise, aucun erg, rien à l’horizon et pas de ville à moins de 30 km. Je croise heureusement une autre jeep et je fais le plein d’eau, ils me confirment que la piste va à Ulan-Ul à 35 km. Je fais encore 5 km et épuisé je décide de camper en bord de piste. Une autre jeep s’arrêtera et j’aurai même de l’eau pour une bonne toilette. Je suis seul et heureux, rien à perte de vue sur 360°. Durant la nuit, c’est le grand calme, je suis réveillé le matin par le Brrrr Brrrr d’un cheval en liberté qui passe par là, j’ai mis Magic sur béquille, il ne risque pas de marcher dessus, dormons encore un peu…

 

  

Samedi 23 août – Jour 161 : GOBI – TWOGERS (62 km) – (GOBI)

 

Il fait très chaud (35 ° C à l’ombre), je mange juste avant Ulan-Ul où je fais le plein d’eau et d’ aliments déshydratés. A la caserne, on me dit qu’il n’y a plus rien avant Zamyn-Ud, ça fait plus de 100 km, j’y vais quand même avec 5 litres d’eau. La piste est difficile (sable), après 2 heures, une jeep me donne de l’eau et du coca. Le soir je trouve 2 gers à point nommé pour camper : accueil très sympa, je donne un cours de géographie avec mes cartes, on me propose une virée à cheval mais je refuse par peur de me blesser. Jamais je n’aurais refusé une telle invitation en temps normal, je constate que je suis totalement investi dans la réussite de ce voyage. Très grand vent durant la nuit et fou rires des enfants jusqu’à minuit dans le ger d’à coté. Je dors plutôt mal, courbatu par les secousses du vélo.

 

  

Dimanche 24 août – Jour 162 : TWOGERS – ZAMYN-UD (76 km) – (GOBI)

 

Le temps est moins chaud, le vent plutôt favorable (SW). La piste est moins dure que prévu. Je trouve une bouteille d’eau sur la route que je bois cul sec !. Vers 11 h, une jeep me donne  du Sprite et de l’ eau, L’après-midi, je prends un gros orage sur la tête : beaucoup de coups de tonnerre mais peu d’eau ! Les variations soudaines de température sont impressionnantes (supérieure à 10 ° en 5 minutes) d’ou un vent thermique très violent qui se déclenchent d’un coup, j’ai l’impression que le sol est électrisé, j’en mène pas large…. Il y a  maintenant des lacs, ç’est moins aride mais je rencontre beaucoup moins d’animaux et de Gers ! Soudain j’entends un bruit de moteur derrière moi : contrôle de passeport au milieu du désert par un policier souriant mais sans échanger un seul mot, puis la moto fait demi-tour ! Les militaires de Ulan-Ul ont probablement fait part de mon périple aux « autorités » qui ont envoyé cette moto pour s’assurer que tout allait bien. Je suis très touché par ce geste fait dans la plus grande discrétion, ils n’ont pas cherché à me dissuader de traverser le Gobi mais ont voulu s’assurer que tout s’est bien passé. Je vois au loin (à 15 km me dit mon GPS) les lumières de Zamyn-Ud. Je n’ai plus que 2 bidons et une bouteille d’eau, je suis fatigué mais si heureux d’avoir traversé le désert de Gobi seul et sans assistance. Je campe en bord de la piste, la nuit sera calme (sans vent) et reposante.

 

 

  

Lundi 25 août – Jour 163 : ZAMYN-UD – ERENOT (30 km) – (GOBI)

 

Plein d’eau à Zamyn-Ud, ville frontalière anonyme et plutôt triste. A la frontière, on ne me laisse pas passer en vélo. Je vais à la caserne où je suis questionné gentiment par le Chef qui me trouve un petit camion pour passer la frontère (avec un chauffeur fou), je balise pour mon vélo qui saute sur la plate-forme arrière heureusement amorti par des tapis. Nouveau changement : je prends un car chinois dans lequel je suis tout seul avec Magic pour traverser le « No man » land, c’est surréaliste !  Long contrôle par les douaniers chinois (Noooon je veux pas faire demi-tour !!!!) , je dois aller à la sécurité à Erenhot car il y a des zones interdites. Finalement, je débarque du bus en pleine ville : c’est le CHOC : des gens et des vélos partout, je suis entouré par plein de monde. Je demande « un hôtel pas cher » à un cycliste : en effet, il m’envoie dans un truc à 6Frs la nuit (un hotel pour Mongols de passage). Je vais au restau où je mange un super goulasch pour 4.80 Frs. Je passe une bonne nuit mais j’ai été « secoué » par les pistes mongoles et mon dos me fait souffrir.

Le lendemain, la jeune patronne et son mari viennent me voir : on transforme ma pancarte en chinois. Il y a 1000 km avant Pékin mais la route serait bonne, on verra … Time lag :+6 h avec la France.

 

 

 

Mardi 26 août – Jour 164 : ERENHOT – 43°07 (70 km)

 

Je téléphone à Brest avant de partir, ni Bousquel ni Guilaï ne seront à Pékin où j’arriverai probablement pour le 6 ou 7/09.

La route est très bonne, c’est plat sur 50 km puis un peu ondulé. Un petit tracteur me coupe le vent pendant 25 km, on laisse sur place un chinois en vélo, les deux gars devant (look Samy Davis) sont hilares. Quelques troupeaux de vaches et chèvres, les bâtiments de fermes en briques rouges paraissent nickel, les camions sont moins craignos qu’en Russie, beaucoup de voitures japonaises. Beaucoup de petits tracteurs ou motos tirant une remorque. Je campe au bord de la route dans un repli de terrain, c’est très sablonneux, on dirait un camping sur les dunes de Landéda. La nuit tombe très vite (- 1h !) et à 7h du matin le soleil est déjà haut.

 

 

 

Mercredi 27 août – Jour 165 : : 43°07 – OUDOR SUN (92 km)

 

Beaucoup de vent de Sud Ouest attention de ne pas déchirer la tente ! Je dois prendre contrer très fort pour lutter contre le vent, heureusement venant de droite. Je m’arrête manger à Saïhan Tal où un groupe de chinois m’invite à sa table (gratuit bien sûr !), mais 3 bières maximum (une ca va, 3 bonjour les dégats ?). Surprise à la sortie de la ville où je retrouve la piste en terre ! Vent maintenant favorable, j’arrive à rouler vite sur le terre plein du milieu où c’est plat (25 km/h).

Je m’arrête en bord de piste pour camper dans le lit d’un rivière asséchée. Le paysage est plat, désertique, personne à part des fermes isolées (genre oasis à légumes).

Le matin check-up mécanique avant de repartir.

 

 

 

 

 

Jeudi 28 août – Jour 166 : OUDOR SUN – OULAWHOUA (65 km)

 

Beau temps (25 à 30 ° C), vent plutôt favorable. Je longe la voie ferrée, piste pas terrible, relief accidenté. On sent la fin du désert, herbe plus drue, quelques arbres. Beaucoup de belettes qui me regardent à côté de leu trou, mais pas de rapaces comme en Mongolie (ceci explique cela ?), à cause de la pollution ? Impression d’ordre, de bâtiments bien construits, c’est pas comme en Russie. J’arrête tôt dans cette bourgade non indiquée sur la carte, petit hôtel à 10 yuan ! Plus de 10 personnes dans la chambre, les commentaires vont bon train, mais je ne comprends rien. Le soir, resto à 10 yuan, la police est là. Sommeil réparateur car la piste secoue ! … Heureusement aucun problème avec le vélo, merci Laurent et Jacques d’avoir vraiment assurer pour la fixation des portes bagages.. Peu d’enfants dans le village, la régulation (1 enfant par famille, sinon pas de subventions !) semble dissuasive. J’ai les yeux rougis suite au fort vent des derniers jours, va falloir prévoir une protection latérale sur les lunettes ?

 

 

 

Vendredi 29 août – Jour 167 : OULAWHOUA – TUNKANTUIT’SUN (50 km)

 

Très fort vent et orage au réveil. Il faut attendre l’accalmie, grosse pluie. Je pars vers 11h, c’est boueux et glissant, les gardes-boues s’engorgent, je dégage avec une tige de bois, vent de face très fort. C’est la galère !

Resto à 14h à Tamortei, au moins 15 personnes autour de la table. Je rentre le vélo ! La campagne chinoise est divisée en petites parcelles et beaucoup de monde dans les champs, c’est la moisson : on bat au fléau dans les villages et on étend les gerbes de blé sur la route pour que les voitures passent dessus et enlèvent les grains. Des bœufs tirent une petite charrue. Les maisons sont en torchis. Beaucoup de poules dans les villages (pourquoi il n’y en avait pas en Mongolie ?) et des cochons (noirs). Beaucoup de mini tracteurs monocylindre, le matin au réveil on se croirait dans un port (Ta Ta Ta…), et la nuit il y a des insomniaques qui continuent à travailler dans les champs Je campe près de la piste, pas de visiteurs pour une fois !. Depuis Tamortei, la route s’est améliorée, elle est empierrée et recouverte d’un fin gravier mais reste cahoteuse. Je n’ai pas vu le mur de Genghin Kan indiqué sur la carte. Le souvenir du Gobi est toujours là : mon dos me fait mal.

 

 

 

Samedi 30 août – Jour 168 : TUNKANTUIT’SUN – TACHINGKOU (90 km)

 

Temps chaud (35 ° C) et orageux. Vent favorable. Toujours de la route empierrée cahoteuse. Je m’arrête manger à Shang Du, tout le personnel du resto est autour de la table et la police aussi, karaoke chinois. Toujours le même plat : tomate + œuf, il n’y a pas de riz en chine ? Addition salée 80 yuan (dont 50 pour café à emporter). Ensuite, zone d’étangs semi désertique. Je trouve une bonne place pour camper après Tachnigkou, Pékin est à 350 km, il va falloir ralentir sinon, j’y suis pour le 3. La Chine me paraît plus « européenne » que prévu : habillement, mode de vie, la vie dans les campagnes semble paisible, par contre ça grouille dans les rues, mais le nombre d’enfants est, l’objectif est de faire passer la population de 1.2 milliard à 750 millions d’habitants.

 

 

 

 

Dimanche 31 août – Jour 169 : TACHINGKOU – SHANG BEI (63 km)

 

Enfin la route goudronnée !

Il pleut, la température est passée de 35° à 15 ° C. Un berger puis deux viennent me voir, je nettoie le vélo et pars vers 11h, tout goretex ! Paysage de lacs peu habité. Je m’arrête manger à Kung hui ; 20 personnes autour de moi et il y a plusieurs tournées de visiteurs organisées par la patron. Je suis vraiment le martien qui débarque dans sa soucoupe roulante, j’imagine ça à Guiclan ! Ca fait du bien de retrouver l’asphalte car le dos en a pris un coup. Je m’arrête à un hôtel à Shan Bei : le prix passe de 90 à 40 yuan, on monte le vélo à plusieurs dans la chambre. Je téléphone en vain à Guilaï  et à Bourgeois. Pékin n’est plus qu’à 200 km, les cartes DMA vont me manquer pour utiliser le GPS.

 

 

 

Lundi 1er septembre – Jour 170 : SANG BEI – CHANGDI (105 km)

 

Beau temps, la température passe de 15 ° C à 30 ° C en moins d’une heure. Le matin, il fait très froid avec un vent du nord (favorable) très très fort. Je traverse Sangjakou : grosse ville très animée. Le paysage est escarpé, la montagne est de couleur ocre, je m’arrête dans un gers (Eh oui, comme dans le Gobi !) boire un thé. Problème de dérailleur, le ressort de rappel est faiblard et la chaine saute, il va falloir tenie jusqu’à Pékin. Je m’arrête le soir dans un resto, on me propose une chambre à 5 Yuan (3Frs).

 

 

 

Mardi 2 septembre – Jour 171 : CHANGDI – PEKIN (130 km) – (Prairies de Kangxi)

 

Beau temps,  vent favorable. Je longe un grand lac, zone légumière et fruitière très animée, multitude de petits tracteurs et de charrettes à ânes (avec conducteur qui dort !). Gorges très belles à 80 km de Pékin, je fais une belle partie de manivelles (70 km/h !, Magic tient bien la route !) avec les cars de touristes qui viennent voir la grande muraille à Badaling que je rate malgré une pancarte « Great Wall » . Je vais trop près de Pékin, mais je trouve une place de camping inespérée près d’un gros rond-point à 300 m de la grande foule ! Pas de visiteurs mais gros trafic toute la nuit.

 

 

 

Mercredi 3 septembre – Jour 172 : PEKIN – 30 – PEKIN (64 km)

 

Beaucoup de vélos sur la piste cyclable qui longe l’autoroute. Je mange dans un petit bosquet à 5km de la place Tien An Men. Grandes avenues avec gros buildings plutôt esthétiques. Je passe Tiananmen pour aller au China World Hotel où Bourgeois m’a donné RdV. Gui Laï est là avec son staff mais ne me reconnaît pas pensant que j’étais plus jeune ! On part à 6 vélos vers Tiananmen, attroupements, photos, etc. puis re-vélos vers le Trafic Hôtel. Il fait nuit tous les vélos roulent sans éclairage ! Repas très sympa le soir avec tout le staff de Gui-Laï.